Quelques bons livres ont été publiés récemment. le sélection de Pierre Sparaco, d’Aéromorning :

Les Cow-boys d’Airbus

-Cowboys – Enfin ! Oui, Bernard Ziegler s’est enfin décidé à prendre la plume. Il publie chez Privat un ouvrage sympathique, moins innocent qu’il n’y paraît à première vue, intitulé «Les Cow-boys d’Airbus». On le connaît depuis toujours comme «BZ» et, c’est le moins que l’on puisse dire, il est tout à la fois une forte personnalité et un pilote-polytechnicien de grand talent. Sa première vie a été consacrée à l’armée de l’Air, au centre d’essais en vol de Brétigny, la seconde à Airbus comme chef pilote d’essais puis directeur général technique. L’avionneur européen lui doit beaucoup.
BZ évoque sur un ton plaisant les débuts d’Airbus, ou plus exactement les hommes d’Airbus, et pas seulement les pilotes. Mais aussi les seigneurs, les vendeurs et les autres, connus ou oeuvrant dans la coulisse, avec la fougue de pionniers bien décidés à construire l’Europe de l’aéronautique civile. Dans ces pages, il est beaucoup question d’avancées technologiques, de décisions qui furent polémiques

comme l’équipage à deux et de moments difficiles. Notamment le procès qui a suivi (tardivement) l’accident du mont Sainte-Odile, celui de l’A320 du Lyon-Strasbourg d’Air Inter du 20 janvier 1992. Commentaire : «le traitement de cette affaire me parut ubuesque tant les respectables règles judiciaires s’appliquent mal à ce genre d’enquête».
Mine de rien, le texte très alerte de BZ est truffé de messages subliminaux et de quelques vannes mortelles comme un Exocet. Jean Pierson, pour sa part, a écrit une préface qui n’est pas davantage innocente. Il dit des successeurs des pionniers d’Airbus qu’ils se sont distingués à ses yeux plus par leurs errements que leur volonté de maintenir cet état d’esprit reconquête.

Concorde le magnifique

- Mach 2 – C’est également Privat qui publie «Concorde le magnifique» d’Yves Marc. Un beau texte, ode au supersonique franco-britannique, généreusement illustré par d’excellents documents dont certains dus à Jean Dieuzaide.

Grand ancien de La Dépêche du Midi, vrai Toulousain (oui, il en reste !) qui a sillonné pendant de très nombreuses années le Sud-Ouest de l’aviation, notre confrère Yves Marc est un nostalgique. Dès lors, infatigablement, il cherche à faire revivre à ses lecteurs les jours heureux envolés, ceux du grand défi technologique, du vol à Mach 2, des records du monde, de la volonté de repousser les limites et, finalement, de permettre au Vieux Continent de retrouver un avenir aéronautique.
Son choix des mots, toujours judicieux, est de bout en bout au service de cette noble tâche : envols magiques, mieux, wagnériens, le roi Concorde à la conquête de la planète… Puis, aujourd’hui, Concorde l’inoubliable, figure de proue de grands musées, soigneusement veillé par de scrupuleux gardiens du temple.
André Turcat a écrit la préface. Lui aussi avoue sa nostalgie et il y ajoute émotion et tendresse.

- Le Mans – Retour en arrière. En 1909, il y a donc tout juste 100 ans, les frères Wright ont trouvé en France la consécration, la reconnaissance, la popularité, l’admiration qui, curieusement, ne leur avaient pas encore été données par les Etats-Unis. Les vols de Wilbur Wright à bord du Flyer provisoirement basé au Mans, puis à Pau, ont ainsi permis d’écrire quelques-unes des pages les plus importantes des tout débuts de l’aviation.
Fin connaisseur de cette époque, à laquelle il avait déjà consacré un ouvrage très documenté, le professeur Claude Carlier y revient dans «Les Frères Wright et la France», publié par Economica conjointement avec L’Institut de stratégie comparée.
Le récit est complet, très documenté, instructif et, de plus, l’écriture est agréable. C’est, très probablement, un futur classique du genre.

Source : Pierre Sparaco – AeroMorning

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